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L'introduction d'espèces exotiques hors de leur aire de distribution est désormais considérée comme l'une des plus grandes menaces pour la santé écologique et économique de la planète. Certaines espèces introduites deviennent envahissantes et détruisent la faune locale ; d'autres lui nuisent indirectement, en entrant en concurrence avec elle pour l'espace ou la nourriture.

Des espèces en sursis

Originaire des États-Unis, la grenouille taureau a initialement été introduite en Gironde en 1968 : une dizaine d'individus a été placée par un particulier dans un bassin d'ornement privé. En 2002, les premiers individus de cette espèce ont été détectés en Sologne. Particulièrement vorace, la grenouille taureau se nourrit d'amphibiens, oiseaux, insectes, poissons, micromammifères, reptiles, mollusques et crustacés.

Elle possède un cycle de reproduction rapide et très productif, pouvant émettre jusqu'à 25 000 œufs par ponte. Ainsi, la grenouille taureau a bouleversé des écosystèmes en France, proliférant aux dépens d’espèces locales d'amphibiens telles que la grenouille verte, la salamandre tachetée ou le triton marbré.

Des actions de protection

En collaboration avec le CDPNE (Comité Départemental de Protection de la Nature et de l'Environnement) et le Syndicat d'Entretien du Bassin du Beuvron, l'association Beauval Nature participe à un programme d'éradication de la grenouille taureau en Sologne, reconnue pour la richesse de ses espèces et habitats d'intérêt européen. Veille environnementale, prospection, destruction de pontes, vidanges d'étangs envahis par les têtards de cette espèce, information du public et des acteurs locaux ont d'ores et déjà conduit à une nette diminution des populations de grenouilles taureaux en Sologne.

Auparavant présente sur 83 zones aquatiques locales, la grenouille taureau ne colonisait plus que 29 sites en 2010 avec des densités et un poids moyen des individus en nette diminution.

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