Le gypaète barbu est le plus grand vautour européen. Il tient son nom du toupet de plumes naissant à la base de ses mandibules. Planant aujourd’hui au-dessus des Alpes, l’espèce n’y a pas toujours été aperçue…

Une espèce en sursis

Le caractère obligatoire de l'équarrissage a entraîné une diminution des ressources alimentaires disponibles pour les gypaètes barbus en Europe. S'ajoutent à ce phénomène la dégradation de leurs habitats et les empoisonnements à répétition, qui ont conduit à une diminution constante de leurs populations.

Pourchassée et persécutée en raison de sa mauvaise réputation, l'espèce s’est éteinte au début du XXème siècle dans certaines régions françaises, comme dans les Alpes, où le dernier spécimen a été abattu en 1913.

Grâce aux efforts conjugués des parcs zoologiques et des associations de protection de la nature, le gypaète barbu a été réintroduit dans plusieurs régions, notamment dans les Alpes, où 15 à 20 couples nichent aujourd'hui. Toutefois, le gypaète barbu reste l'un des vautours les plus rares d’Europe, sa population (y compris les populations de Turquie et de Russie) étant estimée entre 600 et 1000 couples.

Des actions de protection

Dès les années 1980, la Vulture Conservation Foundation (VCF) a effectivement initié un projet de réintroduction des gypaètes barbus dans les Alpes. Grâce à la collaboration de plus de 50 parcs zoologiques européens qui œuvrent à la reproduction de l’espèce, les premiers lâchers ont eu lieu en 1986 dans le Parc national Hohe Tauern en Autriche, puis en Haute-Savoie, à la frontière italo-suisse, et enfin dans le Mercantour.

En 1997, première victoire : un couple de gypaètes barbus issu d'une réintroduction a élevé son premier jeune à l'état sauvage ! 60 naissances ont été enregistrées depuis, plus de 140 vautours planant aujourd'hui au-dessus des Alpes. Le suivi régulier de cette population (inventaire des nids, prélèvements de plumes, études comportementales…) montre que celle-ci croît. En raison de ce succès et de l'expérience acquise, un nouveau projet de réintroduction a débuté en 2005 en Andalousie, dans le sud de l'Espagne.

En établissant des corridors écologiques qui permettent de relier les populations de gypaètes barbus, la VCF s'efforce d'assurer l'expansion des vautours dans tous les habitats propices en Europe. L'association Beauval Nature soutient la VCF et œuvre à ses côtés pour la réintroduction du gypaète barbu en Europe.

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