Le lamantin des Caraïbes se distingue en deux sous-espèces : le lamantin de Floride et le lamantin des Antilles. L’aire de répartition de ce dernier s’étend du Golfe du Mexique au Nordeste brésilien, en passant par les Grandes Antilles.

Une espèce en sursis

Classé "En danger d'extinction" sur la liste rouge de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), le lamantin des Antilles ne serait plus représenté que par 5 000 individus. En Guadeloupe, ses effectifs ont dramatiquement diminué à partir du XVIIIème siècle, pour l'amener à disparaître au début du XXème siècle, du fait d'une chasse intensive.

À l'heure actuelle, l'espèce n'est plus présente dans les Petites Antilles, créant un vide entre les populations des Grandes Antilles au nord et celles de Trinidad et Tobago et du plateau des Guyanes au sud. Les populations de lamantins sont souvent distribuées de façon discontinue, les petits groupes n'échangeant que peu, voire pas du tout, entre eux. En outre, ces populations sont menacées par le braconnage, les pollutions, les captures accidentelles par les filets de pêche, les collisions avec les bateaux... Aussi, dans la majeure partie de cette aire de répartition, une disparition totale de l'espèce reste probable à moyen terme.

Des actions de protection

En 2002, un projet de réintroduction du lamantin des Antilles dans le Parc national de la Guadeloupe a été initié. Pour réussir la réintroduction du lamantin au large de la Guadeloupe, il est indispensable de disposer d'un noyau fondateur de 15 individus minimum, contenant une majorité de femelles. Suite au travail d'un groupe d'experts scientifiques, le choix de la provenance des animaux s'est porté en faveur de lamantins élevés en captivité, imposant une période d'acclimatation et d'apprentissage de la vie sauvage.

Les premiers individus seront accueillis en 2014, dans un centre de soins et de réintroduction en Guadeloupe, ce jusqu'en 2019. Ce projet de réintroduction se décompose en deux phases, qui sont accompagnées d'actions d'information, de sensibilisation et de communication, essentielles à l'acceptation et à la diffusion du projet :

  • - une phase préparatoire (2010-2014) : travail de concertation mené auprès des collectivités, des acteurs socio-professionnels et des populations riveraines de la baie du Grand Cul-de-sac marin. Un centre de soins y est construit afin d’assurer l'acclimatation et la reproduction des animaux.
  • - une phase de réalisation et de suivi (2015-2019) : réintroduction d'animaux dans la baie du Grand Cul-de-Sac marin. Avant leur relâcher définitif, les animaux passeront par un enclos de pré-relâcher, installé en milieu naturel, afin que soit assuré leur suivi sanitaire et comportemental.

Bénéficiant d'une expérience de plus de 30 ans en matière de gestion de grands mammifères en danger, le soutien de l’association Beauval Nature permet :

  • une formation technique des équipes locales
  • une mobilisation des équipes de Beauval dans certaines étapes clés du projet
  • des échanges techniques et de compétences.

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